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Carbone. Graphite. Diamant. Chypre. Île. Voyage. Six. Le chiffre six.
Aparté : moment culture / confiture, installons-nous pour prendre du sirop de gingembre. Comme dirait Aurel (Cotentin, pas Marc), “vous n’avez pas les bases. Simple. Basique.”
Un chiffre est un simple symbole (de 0 à 9) qui sert à écrire les nombres. Pris seul, il est dénué de valeur quantitative. Un nombre, en revanche, représente une quantité, une mesure ou une position et résulte de la combinaison d’un ou plusieurs chiffres. Les chiffres sont donc aux nombres ce que les lettres sont aux mots.
Reprenons. Citons Billy Ze Kick : “non non rien n’a changé, tout tout va continuer”.
Pas du tout. Pas tout à fait.
Aujourd’hui est un anniversaire qui n’a plus vraiment de sens. Mais, un anniversaire quand même. Au fond, c’est une date qui sert à marquer un événement. Et, donc, à faire la fête. On peut trouver des occasions de célébration dans un peu tout. Suffit de chercher. C’est comme pour l’apéro : quand on veut, on peut.
Je voulais écrire un simple mot, peut-être un haïku. Trois vers, de 5, 7 et 5 syllabes en français, soit 17 syllabes. Trop court, et comme d’habitude, je me suis perdu, égaré dans mes pensées. Cas typique d’une logorrhée, un flux excessif, rapide et souvent incontrôlable de paroles, également appelé “diarrhée verbale” ou “incontinence verbale”.
Bref, comme dirait Kyan.
Ces dernières semaines ont été… compliquées. Oui, je parle en semaines, cela me paraît moins violent que s’il s’agissait de mois. Rien à voir avec une jeune maman, simplement que la pilule est plus simple à avaler. Le goût amer est moins prononcé. Mais… Je crois au fond que ce changement a été est bénéfique. Je n’aurais pas pu changer, ou plutôt pas réellement, pas assez rapidement, si la situation était restée telle qu’elle était. Il a fallu que je me prenne un Scud (missile balistique à courte portée russe) pour que la réalité me rattrape en pleine gueule. Je flippais bien de la crise de la quarantaine, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle atterrisse aussi vite. J’étais parti pour prendre soin de son Alzheimer pendant qu’elle m’aurait filé un coup de main sur mon Parkinson.
J’ai donc perdu dans la bataille “un truc d’un mètre soixante pour une cinquantaine de lokis”. Oui, j’ai perdu la meilleure des humaines, en tout cas celle qui l’était à mes yeux. Non seulement dans la sphère de l’intime, mais aussi dans celles du social et de l’artistique. C’est comme si une partie du monde – de mon monde – se déchirait sans prendre de précaution. Imagine-toi à l’école maternelle, et soudainement, tu perds ton doudou. Voilà. L’effet et les sensations doivent être identiques à peu de chose près.
À partir de là, les piqûres de rappels se manifesteront au quotidien, surtout quand tu ne t’y attends pas et que tu crois que tu vas bien, que tout va bien (coucou Dany). Joyeux ou vicieux, tristes ou tendres, ils apparaissent au détour d’une image, d’un mot, d’un souvenir ou d’un objet.
Rester dans cet état d’esprit – certains esthètes le qualifieraient de mood tandis que d’autres parleront de mindset – n’aurait servi à rien. Strictement à que dalle voir même moins que cela.
Alors, il a fallu se prendre par la main et s’emmener promener.
D’abord, en reprenant un appartement, l’occasion de se coltiner une réalité practico-pratique en pleine gueule qui est : le quotidien. Ta dam. Je veux parler des tâches ménagères par exemple. Ptn, le temps passé à nettoyer, ranger, faire à manger… J’avais un peu oublié. Je m’étais un peu mis en mode vieux-con-boomer à m’installer en charentaise et ne rien foutre… Je me dis que nettoyer un vieux slip dégueulasse n’est franchement pas le truc le plus glamour dans un couple. J’avais été prévenu pourtant, mais j’avais un masque de ski sur mes œillères. La percussion s’est faite avec un léger retard de quelques années.
Être chacun chez soi, au moins, c’est chacun sa merde. Pas forcément chacun pour soi, non, mais ça a le mérite de remettre les pendules à l’heure. Je pense que sur le coup là, je suis devenu un bordélique repenti. Ou qu’en tout cas, je suis sur la voie de la rédemption ? Je crois même que j’y prends du plaisir. Ce n’est pas devenu mon truc favori de la vie, non, quand même pas, cependant faire le tri, jeter ou vendre des brols inutiles apporte une certaine satisfaction. Oh merde. Je me alikikifie.
Niveau taff, j’aimerais pouvoir dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, pourtant, ce serait mentir. On a dit mentir = péché. Au fond, on va dire que tout va. Ce n’est qu’une partie de mon temps hebdomadaire, qui me permet entre autres de sociabiliser et de développer mon outil pour les canards du SEO ! Je pense que la véritable partie “travail” n’est que de 6/7h par jour, on tombe donc à 20% de la semaine. Vachement plus acceptable. Cela me permet de m’autoriser ce que j’ai envie de faire, comme je le souhaite, donc j’estime que tout va bien. Je me réalise à moitié, je suis bancalement stable : on est vraiment raccord dans les pérégrinations. En plus des heures travaillées, il y a le temps pour aller et venir. Temps alloué à la lecture, à la cogitation et aux déambulations rêveuses, ou encore à la préparation et la réflexion des projets.
Je n’ai pas encore intégré le temps d’être maman-chat.
Mais, globalement, il me reste 30% de mon temps – 50% de celui réveillé – pour créer, imaginer, produire, écrire. Il ne tient qu’à moi d’en faire le meilleur usage. D’où la multiplication des projets, dont les robots, ma plus grande fierté actuellement.
Bottom line comme dirait les anglais (on pourrait le traduire par “the most important part of something“ soit “la partie la plus essentielle de la chose”) ? Tout. Va. Bien. Il suffit juste que je me rappelle l’objectif : je travaille pour vivre. Je ne vis pas pour travailler.
Bon, ça ce sont les deux gros chantiers de Q3 diraient les egos maniaques de LinkedIn. Sur le dernier trimestre, on va mettre les bouchées doubles, se doper au guronsan et tenter d’arracher le dépassement de soi et des objectifs.
Ah si, j’ai aussi réussi à me défaire de ma texto-dépendance. Pourtant, enfants des années 80, né sans mobile et internet greffé à la main, je ne pouvais plus me passer des tings et autres brrzz signalant un message. Heureusement, je ne suis pas accro aux réseaux sociaux sinon ma vie serait un enfer. Rétrospectivement, je me demande comment on faisait quand on envoyait des lettres. Par Lisa La Poste qui plus est. Le temps d’écrire la missive, qu’elle se balade quelques jours pour arriver à bon port, puis qu’une autre fasse le trajet inverse… Cela prenait quelques jours avant d’avoir la réponse. Alors que maintenant – enfin jusque très récemment, voire pas si longtemps et même moins que ça – je commençais à suer si je n’avais pas un retour dans le quart d’heure. Du coup, il y a ce côté de surprise lorsqu’un ting ou un brrzz se fait entendre. Ce qui amène comme tâche parallèle le fait de diminuer les notifications inutiles, de finalement cliquer sur le lien pour se désinscrire de mails totalement inutiles.
Ainsi, on pourrait dire qu’une routine se perd, qu’une autre se crée. Qu’un train-train quotidien chasse l’autre. Si j’étais américain ou instagrammable, je me dirais de faire une bucket-list. Appelée « liste de vie » ou « liste de rêves » en français, c’est une liste de choses que l’on souhaite accomplir, voir ou vivre au moins une fois dans sa vie, avant de mourir. Connerie(s).
Pourtant j’aimerais continuer à voir des artistes en live, découvrir des expositions, même si elles sont faites au pas de charge. Me balader dans une nouvelle ville pour une graffhunt impromptue, quitte à faire un aller-retour dans un endroit aussi glamour qu’Amiens pour chasser le Invader nouveau subitement apparu deux jours auparavant. Réserver et déguster le meilleur kebab de Paris. Publier un livre. Ou deux. Imaginer un jeu de société. Me perdre dans les Calanques (qui sont magnifiques), marcher dans le maquis corse ou tout simplement partir à l’improviste quelque part. Ici ou là-bas, peut-être même un peu plus loin, tout dépendra du temps. On pourrait appliquer le principe de PSBH avec des cartes à tirer et un délai pour l’exécuter ?
Tout cela pour dire que j’ai vécu 10 belles années avec une Impératrice, simultanément déesse et humaine.
C’est déjà pas si mal, non ?
Même si je reprendrais bien du rab, avoir croisé sa route a été un bonheur.
Comme dit le dicton, “il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis”, quitte à aller à l’encontre des conseils de mon Valentin sûr.
#BouliFever #Bouli4ever
PS : Je sais qu’une offrande n’était pas utile, ni attendue. Comme le dirait le législateur, “toute période commencée est due”. Alors ce sera probablement la dernière, tant pis pour le revival des 10 ans et la bague canard. Mais, c’était important pour moi. Et puis tant que le divorce n’est pas prononcé, le mariage reste toujours d’actualité.
PPS : Et, oui, “Pourquoi s’interdire / Le droit de (se) faire plaisir, / Du fait de règles ?” est effectivement un haïku…