Si la semaine précédente ils étaient restés plutôt à la maison, excepté une journée de courses, cette semaine était l’opposée. Les enfants n’ayant plus de classes en distanciel, ils pouvaient bouger tous ensemble et profiter de Fouras et des alentours.
Une des premières choses à faire fut la traditionnelle visite de l’aquarium de La Rochelle. Pour éviter d’être trop habitués, Paul et Julien avaient tacitement décidé d’alterner cette visite avec celle du zoo de la Palmyre. Le parc animalier, installé au cœur d’une pinède de 18 hectares, était plus souvent fait l’été, quand tous les animaux étaient sortis. De préférence en semaine, pour éviter un peu la foule qui se pressait dans ce haut-lieu du tourisme charentais.
Auparavant, ils s’étaient attablés à une table du restaurant Là-Haut. Surplombant la serre tropicale de l’Aquarium La Rochelle, la brasserie offrait, depuis la salle comme depuis la terrasse, une vue imprenable sur les emblématiques tours de la ville. Avec ses vastes baies vitrées, ses espaces ouverts et sa terrasse baignée de soleil, l’ambiance y était chaleureuse et baignée de lumière. Enfin si – bien évidemment – il ne pleuvait pas comme c’était le cas ce jour-là.
De ce fait, les deux petites heures à se balader et faire du voyeurisme poissonnier étaient idéales pour digérer tranquillement tout en papotant de choses et d’autres. Les frangins avaient laissé tomber le survivalisme pour parler politique. Ce qui était au fond limite plus inquiétant encore. Les derniers sondages étaient encore pires que les précédents à leurs yeux. Et, comme à chaque fois qu’une élection nationale avait lieu, des faits divers prenaient des ampleurs disproportionnées. Il s’agissait cette fois de la mort d’un jeune pendant une tentative de braquage. Le bijoutier, attaqué pour la quatrième fois et dont la fois précédente l’avait amené aux portes de l’AVC, avait tiré à balles réelles et à bout portant sur le gamin de 14 ans qui le braquait avec sa réplique d’Airsoft. Depuis quelques jours, la moitié de la ville applaudissait et célébrait la mort de cette caillera, pendant que l’autre moitié les empêchait de dormir au son des feux d’artifice, tirs de mortiers et rap autotuné.
Ils avaient aussi fait une expédition à l’île d’Aix. Et rendu hommage à la Daronne en allant prendre le bateau à la Pointe de la Fumée. La Mère voulait toujours y aller et se désolait qu’une fois sur deux les conditions météorologiques ne s’y prêtent pas. Les brus pouvaient en témoigner : Christine n’avait pu faire ce pèlerinage que lors de sa seconde visite à Fouras, tandis que Sophie avait dû passer un brouillard digne du fog anglais et une pluie aussi humide que le crachin du nord.
Ce fut l’occasion d’un pique-nique géant à l’ancienne. Julien fut aux anges de pouvoir enfin étrenner un sac qu’il avait retrouvé au fin fond d’une caisse et qui lui servait lors des sorties bateaux. Supposé résister à l’eau, il faillit faire la démonstration avant le gueuleton et ce fut Paul qui l’en empêcha. Bien lui en prit : le sac était bien étanche, mais pas les coutures qui avaient souffert le poids des années.
Pour se maintenir en forme, ils se firent une visite de l’île de Ré en mode cyclotouristes. Cela leur permit d’actualiser les vélos qui restaient dans le box sous la pergola. Et par ailleurs de passer deux nuits dans un camping à la Flotte-en-Ré. Ils étaient partis avec tout leur armada, incluant toile de tente, sac de couchage, popote et glacière. L’aller fut forcément plus facile que le retour, les 4 Quechua n’étant pas pliées de la même manière malgré la bonne lecture et relecture du manuel. S’ils avaient vendu cela comme une déconnexion dans la nature, la nouvelle mode du camping 4 étoiles les fit déchanter. Surtout Paul et Julien en fait : Christine et Sophie adorèrent bronzer au bord de la piscine, les enfants s’éclatèrent dans les méga-toboggans.