Et je nage comme le bébé sur la pochette de Nirvana
Ouais, je nage vers le billet, au milieu d’tous ces requins
J’ai les dents qui rayent le liner, tu connais déjà l’refrain
Flynt & Don Choa – La piscine

C’était la fin des cours pour Stéphanie, Alexandra, Karine, Julien, Maximilien et Didier. La quille de leur première année post bac, une année presque sabbatique pour eux. À eux les barbecues et soirées improvisées à glander autour de la piscine familiale, ou celle des collègues, connaissances ou aspirants. Ils connaissaient toutes et tous les combines pour choper les clés des boîtes AirBnB des environs, les bons plans pour choper du matos et de la dope de qualité sans avoir besoin d’aller se perdre dans les quartiers nord de Marseille. La DZ mafia était pas loin , à moins de trois degrés de séparation, mais s’ils faisaient pas les cons, ça passait crème.

Les rôles étaient déjà définis. Stéphanie avait celui de la lolita : avec son mètre cinquante-cinq, ses jupes plissées et sa voix cristalline, elle faisait vriller tous les mecs. Karine était la timide, la nana difficile d’approche et sauvage, qui savait s’ouvrir comme une fleur le moment venu, avec la bonne approche et surtout le bon portefeuille. Didier s’occupait des zones grises, le bon gars qui ne faisait pas concurrence aux mecs et qui ne faisait pas peur aux filles. Alexandra tenait le rôle de la fille de bonne famille, BCBG jusqu’au bout des ongles et de la garde-robe de madame l’adjointe au maire de madame sa belle-mère. Plus elle pouvait potentiellement enfoncer cette vieille morue, plus elle se sentait revivre après le divorce de ses parents et le suicide de sa chère maman. Julien, lui, s’occupait de toute la partie logistique. Fourniture de dope, truffade de caméras et nappage de pièges en tout genre. Avec Alexandra, ils étaient le lead de la petite équipe. Maximilien, lui, était le fusible de service. C’était sa caisse qui était utilisée, le téléphone de contact était à son nom et il n’avait pas d’autre rôle que celui de la cible désignée. Tout le monde le savait et s’était très bien comme ça. Il suffisait que Stéphanie lui susurre un merci dans l’oreille pour qu’il ait oublié instantanément toute la conversation précédente.

L’été allait commencer dans le sud, les Parisiens et les vacanciers allaient débarquer et ils étaient prêts à se faire un max de thunes. Le business plan était établi, prévu, validé et sécurisé. Sauf dégâts et dommages collatéraux, ils récupéreraient en deux mois ce qui leur permettrait de vivre ou de survivre sur la prochaine année scolaire, sans implorer leurs parents, travailler toute la journée dans un job à la con ou devoir faire un boulot étudiant en parallèle.

Tout était prévu.

Merci Cash Investigation, Enquêtes Exclusives, BFMTV, Le Parisien et YouTube pour la source d’inspiration sans cesse renouvelée.