On remonte la rue Mouffetard pendant que j’explique des graffs qui parsèment les façades. J’en profite pour parler du quartier et de sa sorcière.
- Quand j’étais petit j’avais lu un livre, Les Contes de la rue Broca de Pierre Gripari… Dedans il y avait l’histoire de la Sorcière de la rue Mouffetard. Mais, à l’époque, je croyais que c’était Roald Dahl qui l’avait écrit. Celui de Charlie et la Chocolaterie.
- Le film de Tim Burton ?
- Oui enfin le livre qui a servi de base au scénario. Tu te rappelles en quelle année il est sortie meuf ?
- 2004 ou 2005. Avant Alice au Pays des Merveilles sûre.
- Bien joué. Un point pour toi.
- Je préfèrerais un cadeau. Tu peux m’offrir une carte cadeau chez Dorcel si tu veux.
- Je te ferai un doggy bag si tu veux aussi ?
- Pourquoi pas, j’aurais des souvenirs du weekend comme çà.
Vu l’heure on a encore un peu de temps le resto est réservé pour 19h30. Je propose de prendre le métro Gare d’Austerlitz, et d’aller faire un tour au Jardin des Plantes. On aura pas le temps de faire la visite des serres, aussi je leur suggère de le mémoriser pour une autre fois. On passe devant la Grande Mosquée et on entre dans le parc. À cette heure, il fait encore doux, les gens marchent tranquillement, certains se tenant la main, d’autres avec une poussette. Sur les bancs, des petits vieux sont assis, tenant leur canne, des étudiants draguent des étudiantes, d’autres lisent des livres. On entend presque pas la circulation ni les sirènes, qu’elles soient de police ou des pompiers, pourtant omniprésentes dans la ville lumière.
- Alors tu sais de quand date ce jardin ? Essaye de deviner. Tu peux utiliser la dichotomie. Tu sépares un ensemble en deux et ainsi de suite. Par exemple, si tu dois trouver un nombre qui est entre 1 et 10, tu demandes d’abord s’il est entre 0 et 5, si oui s’il est entre 0 et 3 sinon s’il est entre 5 et 8.
- 1820 ?
- Moins !
- 1789 ?
- Moins !
- 1750 ?
- Moins…
- 1650 ?
- Moins.
- 1600 ?
- Plus.
- 1625 ?
- Un peu plus…
- 1630 ?
- Moins.
- 1627 ?
- Moins
- 1626 !
- Bien joué !
On a presque fini de traverser le parc, on se dirige vers la gare d’Austerlitz pour prendre le métro. Pris d’un doute je vérifie un truc sur mon portable et décide que finalement il vaut mieux traverser le pont et s’engouffrer Gare de Lyon. Une dizaine de minutes de marche pour éviter un changement c’est toujours ça de pris. Surtout que c’est des sauts de puces de deux trois stations à chaque fois pour finir par sortir près du Père Lachaise. Un petit quart d’heure de marche et on arrive à l’hotel. Chacun sa chambre, les filles au troisième et moi deux étages au dessus.
Il est presque 19h, on a encore une petite demi-heure avant d’aller au resto. J’en profite pour prendre une douche et je suis en train de les chiffres de mon business lorsque deux coups sont frappés à ma porte.
J’ouvre, elle porte une jupe longue Desigual et un chemisier blanc. Elle joue la carte de la provocation en laissant voir la naissance de ses seins. Je regarde l’heure, me doute qu’elle s’amuse de la situation mais lui propose d’entrer.
- On aura le temps pour des amuses bouches, ma fille est presque prête, je lui ai dit que j’allais fumer une clope…
- Si tu te débrouilles toujours aussi bien tu es capable de faire vite.
- Ce serait dommage de gâcher ta dernière fois avec moi en deux minutes sur le palier non ?
- Tu as dit toi même qu’il y aurait rien, alors deux minutes dans ta bouche c’est mieux que rien. C’est mieux même.
- J’ai peut-être changé d’avis. T’as prévu des capotes et du gel dans ton sac à malice ?
- Peut-être. J’ai aussi un truc pour aller avec ton chemisier.
Je me retourne, prends le sac en toile et en sors une chaîne en or avec deux pinces, ainsi qu’un collier ras du cou. Je sais qu’elle s’est faite refaire la poitrine il y a des années, et que de son propre aveu elle est sensible aux frottements. Elle a donc le choix : s’afficher à la vue de tout le monde, ou alors passer les deux prochaines heures à faire attention à chaque mouvement. Je pose les deux objets sur le bureau et lui laisse le choix. Pendant qu’elle se retourne pour regarder et choisir, j’appuie sur la télécommande, d’abord rapidement puis de manière prolongée. Je la vois serrer les cuisses, elle a bien gardé le toy.
- Je prends les deux, de toutes façons c’est une avance sur mon cadeau non ?
- Tout à fait. Mais ils doivent être portés, sinon c’est un gage supplémentaire.
- En fait ton jeu c’est soit tu gagnes, soit je perds ?
- Un peu oui. Mais en échange tu as eu un weekend complet avec ta fille sans rien payer.
- Bâtard. T’as raison de profiter et de penser qu’à ta gueule. C’est tout ce que tu as toujours su faire.
- En même temps tu ne t’es pas faite prier et tu as accepté hein.
- Je me demandais jusqu’où irait ton petit jeu imaginaire et débile. Mais oui, ma fille apprécie le week-end alors je suis contente pour cela. On se retrouve en bas.
Elle part en prenant le collier et la chaîne. Je referme le sac, le pose sur le fauteuil près du lit et je me roule des clopes. Je vérifie que les boissons sont fraîches, et prépare des glacons avec le bac du mini frigo. On ne sait jamais, elle savait pertinemment à quoi s’en tenir quand on a organisé le week-end il y a 1 mois.
Lorsque j’arrive au resto, la mère et la fille sont déjà là, face à face et discutant de leur programme du lendemain. Mon train étant à 12h10, c’est probablement la dernière fois que je les vois. Je m’installe à gauche de la mère, note qu’elle porte son collier et sourit à la fille pendant que le serveur passe prendre commande des apéritifs, Je reste fidèle au houblon, tandis qu’elles se font plaisir avec un Mojito et un Virgin Mojito.
La discussion s’oriente sur les kilomètres et les lieux parcourus dans la journée. Pendant que l’ado parle de musique sa grande passion, je sens la main de sa mère sur mon entrejambe. posant quelque chose entre mes cuisses. J’en profite pour actionner la télécommande, elle serre la main ce qui a m’excite légèrement. Lorsqu’elle la retire, je découvre au toucher qu’elle à laissé un bout de tissu. Elle me regarde d’un air narquois et glisse qu’il faut toujours aller au fond des choses. Sa fille ne comprends pas, elle se reprend.
- Je voulais dire que si tu voulais faire quelque chose, il faut y aller totalement et complètement. Ne pas hésiter à se tromper.
- Même à l’école ? Je suis pas sûre que si je te dis que je veux arrêter le collège pour faire de la musique tu seras d’accord.
- Non bien sûr, passe ton bac, fais tes études mais si tu veux apprends la musique aussi.
Je me marre.
- Tu veux faire quoi comme musique ?
- J’aime bien le rap de BigFlo et Oli. Maman m’a fait écouter Orelsan aussi, mais que les morceaux gentils.
- Gentils ?
- Oui mes copines m’ont fait écouter d’autres morceaux. Plus trash. Plus vieux. Où il parle mal des filles.
Les plats arrivent, l’avantage de cet hôtel est d’avoir un resto classé dans son lobby. Cela évite de devoir se déplacer dans un bouge ou de devoir reprendre le métro. La mère faisant attention à sa ligne, a jeté son dévolu sur une salade au poulet croustillant, avec concombre, tomates cerises, menthe et autres légumes, sa fille a pris des brochettes de poulet marinées avec un taboulé et je me suis fait plaisir avec un Black Angus sauce poivre.
Il est un peu plus de 21 heures quand je regagne ma chambre, le repas s’étant terminé sur deux cognacs et un chocolat chaud avant qu’elles ne remontent dans leur chambre. N’attendant plus de visite, je me mets à l’aise et enfile un pantalon fluide pendant que je choisi le film parmi la liste des choix disponibles. J’en suis au premier tiers qu’un SMS s’affiche sur l’écran : “Ouvre”.
Je suis un garçon obéissant, je m’exécute et la laisse entrer.
- Sers moi un truc.
- Vin blanc ou tequila ?
- Vu ce qu’on a picoler tout à l’heure je vais passer au vin. Du moment qu’il soit frais.
Je suis un garcon obéissant, je m’exécute et débouche la bouteille avant de servir deux verres avec des glaçons.
- Tu sais, je pensais pas qu’on le ferait. Je veux dire se voir oui, ok, d’accord. Mais tes fantasmes de gamin ? Je sais pas pourquoi j’ai joué le jeu.
- Peut-être parce que tu en avais envie ?
- Envie de me foutre de ta gueule oui. Envie de profiter de ce weekend avec ma fille aussi.
- Trinquons à cela, le temps passé avec ceux que l’on aime est précieux après tout.
- Ouais. Et toi ton kiff alors ? C’est acheter les gens ?
- Au moins je ne me fais pas d’illusion. Je paye un service, un produit.
- Donc je suis le produit ?
- Non tu es un service. Celui de me faire fantasmer.
- Et si le fantasme se concrétise ?
- On passe au suivant.
- Il est toujours tarifé ?
- Au moins je ne suis ni impliqué ni déçu.
- Je te propose une chose. Je vais te sucer, là, maintenant, tout de suite. Et me casser. Et si j’ai un jour envie de te revoir, tu bougeras ton cul dans le sud.
- Et si j’en ai pas envie ?
- T’auras claqué 1000 bales pour rien.
Elle prend les glacons avec ses doigts, les fait tourner dans sa bouche en me regardant, les deplacant avec sa langue pour gonfler ses joues tout en me regardant. Elle dégluti, les avales puis se lève et bloque mes épaules sur le fauteuil avec ses deux mains. Elle me dit de pas bouger, de prendre la télécommande et de jouer avec le temps qu’elle s’occupe de moi.
Elle se met à genoux, je chope la télécommande pendant qu’elle prend ma main pour la glisser entre ses jambes. Je sens son humidité, elle me prends en bouchexxxxxxxxxxxxxxxxxxx, le contraste chaud froid me tend immédiatement. Alors qu’elle s’applique avec des bruits de succion, j’active son toy, je le sens vibrer contre ma paume.
Je sens que je vais venir alors je pousse le curseur de la télécommande au maximum. Je jouis dans sa bouche en lui tenant la nuque pendant que je la sens se contracter autour de mes doigts.
On se détend quasiment au meme moment, elle retire ma main et mon sexe en même temps et reprend sa place dans le fauteuil après s’être servi un verre.
– Tu sais quoi ?
– Non. Mais je suppose que tu vas me le dire ?
– J’ai déjà sucé un mec qui m’avait invité au cinémaxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx. Alors un gars qui claque autant de pognon, je suppose que je suis monté en grade.
– J’avoue que je n’avais pas prévu ça.
– Tu pensais quoi ? Que je m’étalerais sur le lit, les jambes écartées, t’implorant de me baiser ? De faire de moi ta chienne ? Que je me mettes à genoux, te suppliant de me prendre le cul ? Non seulement t’es con, Simon, mais en plus t’es à la ramasse.
Elle se lève, prend le sac et se dirige vers la porte. Le regard qu’elle me lance me fige : il est dédaigneux, hautain et méprisant. La porte claque.