Pour un jeudi soir, je suis plutot de bonne humeur.
Pourquoi ?
Un, demain c’est vendredi, donc le weekend et je vais peut être voir Alexandra.
Ca fait un moment que j’ai pas eu de nouvelles, et cette suceuse a le don de
me faire dodeliner de la queue rien que de penser a sa spécialité.
Deux, il est 18h, je suis déjà chez moi avec un programme chargé. Je dois dans
l’ordre : cuisiner, me préparer, tuer, me branler et m’organiser. Dans l’ordre.
Pas besoin de faire de liste, je n’ai plus qu’a suivre le rythme de la soirée.
Trois, la dynamique induite par le second point me motive et me donne de
(très) bonnes perspectives pour l’Après. Quelque part, j’ai hate de passer à la
phase organisation. Un peu comme lorsqu’une boite passe du mode artisanal
au mode industrielle. Je crois que je commence a avoir assez de passif pour me
concentrer sur l’actif. Soyons logique : nourrir la Bête me nourrit et me rend
plus efficace. Peut être que pour Eric de la compta, l’efficacité se calcule en
temps de présence et en victoires personnelles sur le service client de la
Redoute, moi j’attends toujours le Grand Jour. Celui qui me permettra d’être
libre.
Mais je m’emballe.
Concentration Simon, concentres toi.
Direction la cuisine, j’ai une pensée pour ma grand mère, je me revoie minot,
dans ses jupes, la gueule dépassant à peine de l’évier et cette séquence
nostalgie me fout la patate. Elle serait fière de moi. Non seulement je suis dans
son antre, mais en plus je vais expérimenter. J’ai bien réfléchi, je sais comment
je vais forcer Catherina à ramper devant moi, et la manière me remplit de
fierté. Je me suis branler y’a deux jours sur la vidéo d’une petite meuf se
faisant défoncer le cul pour la première fois, hurlant comme une damnée, sa
voix devenant grave sans aucun rapport avec celle de sa présentation,
demandant que le gars arrête en termes plus qu’explicites. Et pourtant ce
gentillhomme continuait de plus belle, rien a foutre des demandes de cette
pute. Bon, ok, elle était payée pour ca mais elle avait quand même l’air de
prendre cher…
La vaisselle est faite, la table nettoyée, Mamie aurait le sourire. Elle comme
Papy avait la même sempiternelle phrase avant n’importe quel travail : chaque
chose a sa place, les outils propres et ce que l’on a besoin a portée de main. Ca
c’est fait, je retourne dans le salon pour me mettre un petit live de Prodigy,
histoire de me mettre dans l’ambiance et je reviens.
Au menu ? Un cake lardons fumés, olives noires et farine de noix. Histoire
d’être bien sur, je vais aussi mélanger la farine avec des noix concassées, par
sécurité. La préparation commence, franchement pas compliquée : couper les
olives en petits dés, idem pour les lardons revenus vite fait à l’huile (de noix
forcément) avec des oignons, rajouter les oeufs et le gruyère dans le mélange
farine/poudre de noix. En dix minutes c’est baclé et je fous le tout au four,
l’heure de cuisson me permet de me préparer.
Par habitude, je prends une double douche, avec deux savons différents, je me
brosse les dents, pas de parfum ni de déodorants, et je prends des vêtements
passe partout. Jean de base (G-Star), tshirt à l’effigie d’un groupe de rap-
electro, vu que je ne prévoit pas de scène sanglante je peux me le permettre et
pompes de skates. Le four a déjà bippé qu’il est super chaud-ready-adonf et uncoup de couteau me confirme la chose. Je l’emballe comme un cadeau, dans un
mélange papier d’alu/papier sulfurisé, je fous le tout dans un sac Zara et je me
casse.
Dans le métro, je revois vite fait le plan qui se résume a me pointer, faire
“coucou-cest-moi”, la mater crever et me casser. Le son qui pulse de l’ipod est
un peu trop speed, alors je passe sur du Jamiroquai. Je descends à la station
Michel Bizot et je suis rapidement dans la rue Decaen.
Je regarde autour de moi, personne, coup de bol, la porte est ouverte et du
coup je me faufile jusqu’au deuxieme etage. Second coup de bol, cette conne a
marqué son prénom sur la sonnette, au cas où quelqu’un viendrait lui rendre
visite. Je frappe doucement, je dois maintenant faire le minimum de bruit. Et en
plus j’ai un peu l’air con avec mon sac Zara.
Elle ouvre la porte, je balance directement la phase toute faite
« heyCatherinaIwantedtoofferyouagiftbeforeyouleave » et elle a même pas eu
le temps d’articuler un mot que je suis déjà chez elle, porte fermée. Je lui dis
que je suis désolé, mais que comme elle m’avait dit où elle habitait je m’étais
permis de lui ramener un cadeau.
Sourire contrit.
Ouverture du sac.
Déballage du cake.
Cette conne sourit, m’explique qu’elle sort juste de la douche donc elle va
mettre quelque chose et qu’elle goutera ma « création ».
Je profite de ce laps de temps pour trouver une assiette et un couteau et je
prépare des petites tranches.
Quand elle revient je lui demande si elle a quelque chose a boire, elle me
montre une bouteille de Bordeaux, ca me paraît ok donc je prends deux verres.
Je sers la bouteille, lui propose de s’asseoir dans le canapé histoire de gouter
cette délicatesse et je m’installe, de manière a ce qu’elle soit loin de la table
basse.
Je lui passe son verre, on trinque, je m’excuse de mon intrusion cavalière et je
lui tends l’assiette.
Je repose mon verre pendant que je la regarde croquer sa part.
Je reprends le sien quand elle est en train de mastiquer.
Je pousse la table.
J’ai peut être été fort sur les noix car au bout de deux minutes elle commence a
avoir du mal a respirer.
Je me leve, elle me regarde avec des yeux de coker battu, putain ca donne
envie de lui defoncer la machoire a coup de queue et elle sombre finalement.
Sa respiration devient de plus en plus lente, son cou gonfle a vue d’oeil et j’en
profite pour mettre mes gants, prendre mon verre et le passer sous l’eau.
Sa jambe tréssaute puis finalement plus rien.
Je récupère mon sac, met mon verre dedans, contrôle son poul inexistant,
résiste â l’envie de lui toucher les seins, nettoie rapidement la clanche de la
porte d’entrée et je me tire.
Personne dans le couloir, je reprends le métro et je commence a mater les
voyageuses, des fois que l’une d’elles m’inspirent dans ma prochaine sélection
pornographique.