Okay. Resto du midi avec le gang, on est 7 ce qui veut dire que l’on est un nombre impair comme les plus perspicaces d’entre vous l’auront deviné. Du coup, on part un tout petit peu plus tard histoire de convaincre la-stagiaire-avec-de-gros-seins de venir avec nous. Elle est du genre à essayer d’être cool avec tout le monde, même avec les gros relous du taff qui bavent devant une hypothétique cravatte de notaire. La réplique du nain la convainc, en plus elle est en surplus d’heure la mignonne – à vouloir bien se faire voir elle fait du 50h semaines – et donc ça la branche pas mal de venir, elle croit que c’est Noël en octobre et on bouge, 8 donc deux caisses.

Faut savoir un truc, j’aime les maths, j’aime la façon dont les choses s’enchainent logiquement et mon côté maniacobsetionnel me fait parfois faire des listes, des stats,.. Et dans le cas d’un resto par exemple, un nombre impair signifie que y’aura une personne qui sera toute seule, sans personne en face d’elle. Vu la configuration, les gens, amitiés, ce genre de chose, je sens que ca va être pour ma pomme. Si Miss Big Boobs se pointe (elle, pas ses tétons), j’devrais être safe de cette solitude. Parce que franchement, déjà le resto, maintenant ça me gonfle vu que mon quotas d’heures est pas fait et que la boîte que j’honore de ma présence flique les horaires, alors si en plus c’est pour le passer en tête à tête avec moi même et ne pas socialiser, bénéfice nul, j’ai vraiment pas envie de me faire chier.

Du coup, on se pointe dans les temps près de l’étang, on s’installe, je suis en bout de table avec la stagiaire en face. Doit y’avoir une ironie là dedans. Ou tout le moins une sorte de bizarre hiérarchie. Les cadres avec les cadres, les employés avec les employés, et le reste (intérim, stagiaires, apprentis) ensemble. Lutte des classes mon cul, l’homme ne cherche qu’à s’en sortir et grimper à l’échelon supérieur.

Le serveur se pointe deux minutes aprés qu’on ait posé notre cul, la bande de dépravés que nous sommes savons déjà ce que l’on veut pour l’apéro donc on commande. CatherinaGrosSeins semble perdue et demande la mème chose que sa voisine (l’alcoolo de service a pris une Delirium Tremens), et quand l’un des gars du technique lance qu’elle a du courage, sa couleur caramel vire au Carambar.

Toto revient et semble avoir du mal à gérer 8 commandes partant dans tous les sens mais il finit par jouer cassos en direction de la cuisine et on continue à bavasser. Ca part dans tous les sens, entre le taff (merdique), les managers (branleurs), les impots (vampires), les attentats ici et ailleurs (surtout ici, ailleurs, on s’en tape) et le taff. Comme je suis en intérim et que Catherina est stagiaire, on se retrouve un peu en dehors de cette conversation et du coup j’apprends qu’elle est ici pour son mec, qu’elle a suivi en partant de son ìle natale. Des relents d’anglais me reviennent et elle se déride un peu.

Les plats arrivent, j’en profite pour me caler un peu mieu dans ma chaise et mater le look de Catherina. Jean slim, chemisier noir avec un soutif bleu, je me demande si elle porte un string et du coup j’ai envie de savoir. Je suis pas fan des gros seins, mais ca fait un moment que je suis sage, et comme elle part bientot je me dis que je pourrais laisser mon moi intérieur prendre l’air. Faut juste la jouer cool, travailler ensemble laisserait trop d’indices, mais bon, en la jouant fine, je pourrais m’amuser un peu. Toto me file mon plat, j’avais demandé saignant il me la ramène bleue, je ferme ma gueule car au fond mon coté carnivore se pourliche les babines. Evidemment Mademoiselle95D prend une salade et ca me donne envie de lui donner une injection de protéines.

La conversation, enfin les conversations continuent, et je fais super attention a parler a tout le monde, voisin de gauche, voisine d’en face, BigBoobs, histoire de ne pas être repéré. Je sais rien de la stagiaire donc faudrait pas que je me tape une fausse réputation sans que rien ne se soit passé…

Quoique. Quand j’entends que son mec est en province pour quelques semaines je me dis que y’a peut ètre une carte à jouer.

Alors j’en profite, et je fais appel a tous mes souvenirs anglais pour montrer que « t’as vu je suis différent des autres » et comme elle semble réceptive je rejoins les autres pour un digestif en bonne et due forme. Avec 5 Irish coffees, 1 armagnac et un cognac, elle se laisse convaincre aussi par Jack, et je me note de choper une bonne bouteille ce soir en guise d’appât.

Vu l’heure on se magne de payer le resto, le Nain tente une réduction mais se fait envoyer paitre mais comme on oublie de payer la bouteille de vin, dans l’ensemble on est bon. L’horloge fait tic tac alors on se barre, même voitures qu’a l’aller et du coup j’ai encore Catherina contre moi. Je m’étale comme je peux, à mon aise, tranquillement et nos jambes se touchent… Elle bouge pas et regarde dehors donc je fais pareil et laisse le contact s’effectuer. J’insiste pas, on est en public et faudrait pas que ma couverture saute…

Deux heures plus tard, je lui envoie un mail perso, sujet PRSL parce que soi disant c’est le sésame pour se protéger du Grand Oeil Hierarchique, en lui disant que si elle veut, je peux lui filer des films récents en anglais, et comme elle me répond que « yeah I would love that » je commence a réfléchir a ce que je voudrais lui faire.

Finalement la fête de départ de Catherina n’en était pas vraiment une. Au fond, comme disait le roi, elle ne pouvait pas, elle n’était qu’une simple stagiaire. Et aucun mâle du plateau avait pu la tirer, ce qui rendait du coup son attrait quasi nul. D’accord elle était bonne mais si personne pouvait faire mumuse avec, elle perdait de son intérêt. Donc forcément vendredi dernier, quand elle a rendu son badge et qu’elle est partie en proposant de se retrouver un verre, personne à suivi. Sauf moi qui comme par hasard partait en même temps mais bon, ce n’était qu’une coincidence fortuitement prévue.

On a donc pris le métro ensemble, en discutant de son avenir qui se résumait à rejoindre son mec et donc déménager et retrouver un nouveau travail mais elle s’en foutait elle était contente. En plus elle quitterait Paris où – d’après elle – les gens étaient tristes et grisatres, pour se diriger vers le sud, probablement Aix en Provence. Elle connaissait un petit peu, moi aussi, et je me doutais qu’elle y ferait un malheur. Bien les blondes soient une denrée recherchée la bas, son 95D était un argument de poids qui valait bien une couleur de cheveux.

Du coup, je lui proposait de passer pour finalement récupérer ces films, proposition initiale à laquelle elle n’avait pas donnée suite et que je n’avais pas relancé, un peu plus tard dans le weekend. Et vu que c’était son dernier weekend avant de partir le vendredi suivant, qu’elle ne savait pas quoi faire et qu’elle avait peu voir pas d’ami-e-s ici, elle avait dit pourquoi pas.

Alors j’étais rentré et j’avais commencé à préparer l’appart. De deux choses l’une : soit elle y passait, à genoux, à quatre pattes ou par derrière, soit elle y passait, à l’horizontale et les deux pieds devant. Simple, concis, efficace. Fallait bien que je nourrisse la Bête.

L’Esprit était là, et fallait bien que je m’en occuppe, ma santé mentale passant bien avant la santé physique de la plèbe…

L’avantage, c’est que c’était une “no name”. Elle était invisible, sauf pour son mec, mais ici, les gens qu’elle avait connue, personne en avait rien a foutre. Un peu comme les vieux pendant la canicule. Ce qui pour moi était un avantage : si ça merdait, c’était difficile que je sois relié à l’affaire. Eventuellement en tant que “collègue” mais j’étais sur que d’autres branleurs du taff avait essayé. Le seul souci étant que je sois la derniere personne qu’elle avait eu en contact. Eventuellement. Suffisait que je passe à l’improviste et c’était réglé. Et le plan s’organisait donc naturellement. Elle vient ici, je suis sage, on voit ce qu’il se passe, et en fonction je ferais un aller retour rapide si besoin chez elle pour la finir.

Comme je lui avait dit de passer un peu plus tard, qu’elle venait du sud mais qu’elle n’avait rien a faire, j’avais estimé la préparation à une petite heure. Au final ce temps la fut doublé et elle se pointa vers 20h, dans les temps pour l’apéro. Je proposais une bière ou un whisky, au choix (l’un, l’autre ou les deux), et un vieux Jack de derrière les tonneaux emporta la mise. Par contre, lorsque je dégainais les cahouettes, elle refusa, en m’expliquant qu’elle aimait pas ca. Surprenant, comment ne pas aimer ce cadeau des Dieux ? Une allergie peut être ?

On parle un peu, mon anglais est rouillé et je bute sur les mots parfois, un peu compliqué d’avoir l’esprit clair en la matant : elle a sorti un jean légèrement troué aux genoux et éliminé à l’entrejambes, ca met en valeur ses jambes. Et putain, ses seins font exploser son chemisier (blanc), malgré le soutien de son soutif (rose ? Rouge?)

Pas moyen que je bloque trop, elle doit pas avoir de souvenirs ou d’envie d’en parler car si y’a bien un truc qui est sûr et certain, clair comme de l’eau de roche, c’est que je la baiserais pas, qu’elle me sucera pas et que plus généralement, ma teub va rester dansmon calecon aujourd’hui.

Elle arrête pas de parler de son mec. Passé, présent, futur, tout tourne autour de lui. Une bonne grosse femelle au foyer en devenir. Monsieur a de la chance niveau loches, par contre niveau caboche j’ai comme un doute.

La discussion devient vite gonflante, forcément, et je dois faire des efforts pour rester concentré, et mes sous entendus sont non compris ou ignorés. Même une proposition photographique la laisse de marbre la salope.

– Too bad my camera is broken, I should have shoot you, you look gorgeous…

– I don’t really like pictures. Some french guys already stopped me in the street to

pose but I said no.

– Well, I guess that was a bogus… More probably in order to have you nude

– Oh gosh, impossible. I’m engaged to Georges, I wouldn’t do that to him…

En gros, si poser nue c’est pas possible, avoir une autre bite dans la bouche que celle de Geeeooorrges me paraît impossible.

Conclusion : je vais me la faire à l’horizontale.

Il faut donc que je saches où elle habite, histoire de me familiariser avec les lieux et que je prévoit le massacre. Mon djinn intérieur me souffle qu’une salope qui n’aime pas les cacahouettes à quelque chose à cacher, et en en prenant une je demande innocemment si elle a déjà gouté. La réponse est au dela de mes espérances : non seulement elle a, mais elle a aussi faille en claquer. Je me dis que enfer et paradis doivent souvent s’avoir au téléphone, car une réponse comme cela est un don du ciel, merci mon cher bouc.

Alors je continue à creuser, en lui demandant dans quel quartier elle vit , ses habitudes, la ligne de métro qu’elle prend, un maximum de truc et j’en obtiens pas mal… Je sais donc :

– qu’elle appelle son mec tous les soirs vers 19h

– qu’elle vit seule au 2éme étage sans animaux (pour le moment) car son chien et

avec son mec cette chienne

– que sa douche c’est plutôt le soir et qu’elle aimerait les faire durer moins longtemps

– que son appart est minuscule avec une chambre séparée par un rideau du salon-

salle-à-manger-cuisine

– que les deux autres appart sont vides a part celui du dessous avec un vieux papy

qui lui mate le cul quand elle le croise

– qu’elle se couche tot

Je crois que j’en sais assez, et je profite qu’elle soit aux chiottes pour fouiller son sac et trouver son adresse. Facile, comme toutes les grognasses, son sac c’est sa vie et j’y trouve pele mele : chewing gum, monnaie, clés (dommage pas le temps d’en faire une copie), porte feuille et finalement une fiche de salaire avec la mention d’un 13 rue Decaen ce qui correspond bien au XIIeme arrondissement et sa ligne 6…

Bref j’en suis à réfléchir comment faire pour aller repérer les lieux et je lui propose à tout hasard de la raccompagner chez elle. Ca me faciliterait la tache mais ca serait compliqué de faire quoi que ce soit. En plus perdre pres de deux heures en comptant le retour, sans aucune contrepartie fellationelle me gonfle un peu les couilles. Je me reprends en précisant que ma proposition s’arrêtera au métro avec un clin d’oeil, elle sourit et accepte.

Tant mieux, ca m’arrange et je pourrais peut être savoir un peu plus de choses. Ou en proposer qui sait.

Et c’est ce qui se passe. Je la raccompagne, je sais maintenant exactement quand elle part et qu’en plus le vendredi avant le départ son mec (putain elle en a tellement parlé que j’ai l’impression de le connaître) ne sera pas dispo pour le coup de fil quotidien… Si j’ai bien compris/suivi, ca sera une des rares fois où ils ne se parleront pas pendant 48h. Maiselle rigole la greluche, parce que c’est comme un nouveau départ. Apres ils vivront ensemble. Enfin lui je suis d’accord, mais elle je suis pas sur. Et quand je m’étonne que « comment ca meme pas un texto » elle m’explique que cet enfant de la campagne a…pas de portable. Sur ce point, le gars remonte dans mon estime, mais je me dis qu’en mème temps y’a peut etre une raison. Elle le harcelerait. Je la quitte à la bouche de métro en sachant que je la revois jeudi soir, bien qu’elle le sache pas encore…

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